Storyboard de l’opening de Gunbuster !

Premier réflexe quand je tombe sur un storyboard  : chercher les différences avec la version définitive. L’exercice est un peu long, mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire depuis que j’ai lu l’analyse détaillée du storyboard d’Hols, le prince du soleil, par Stéphane Leroux. Evidemment, tu cliques sur le lien pour acheter et lire ce bouquin ! 🙂

Tout d’abord, voila l’opening dans sa version définitive. La qualité est un peu dégueulasse, mais on va faire avec.

La musique est cool. Fight ! ♪

Maintenant voici les pages du storyboard. Je commente sous chacune d’entre elles, mais n’hésites pas à commenter et à donner tes impressions, je suis toujours en quête de détails et d’anecdotes, alors ça me fera super plaisir !

Alors, dans l’ensemble on est quand même bien loin du niveau de détails que l’on peut retrouver dans un storyboard de Satoshi Kon ou de Miyazaki. En fait, on est plus proche d’un storyboard dessiné à l’arrache pour une série TV. Gunbuster se situe entre les deux, c’est à dire une série d’OVA, c’est à dire exclusivement destinée au marché de la vidéo. Mais plutôt que de s’embêter avec les dessins, Anno se débrouille surtout avec les notes.

Au début, malgré l’absence de la représentation de l’univers comme dans la version définitive, Anno donne au moins les précisions, puis fait apparaître le titre. D’ailleurs, celui-ci devait être coloré, mais il reste blanc dans la vidéo.

Le soleil se lève, Noriko grimpe la pente en courant. Ses yeux bougent, non pas n’importe comment, mais plutôt en vérifiant chaque bouton/écran/jauge situés dans le cockpit. Lors du plan avec la manipulation du levier, les flèches indiquent comment les doigts doivent bouger, et les notes indiquent que le mouvement est rapide. Ensuite vient un plan avec des robots en train de courir. Jusque là, rien de bien différent, chaque plan est simplement expliqué. En amont, le ou les animateurs ont la tâche d’apporter les mouvements adéquats. (Je serais curieux de voir les layouts du coup).

Dans le premier plan, le visage de Noriko doit montrer de la détermination. Dans le second plan, le robot court en faisant du shadow boxing. Dans le fond, la mer brille. Puis vient une séquence avec la même action, mais dans un plan d’ensemble. On peut voir le coach sur sa moto devant, le soleil se refléter dans l’océan. Je ne sais pas ce que veut dire DX Cut (Deluxe ? Autre ?). Le dernier plan montre le visage du coach qui doit tourner d’environ 45°. Le coach lui dit qu’elle n’a aucun talent.

1/ La silhouette de Kazumi apparait devant un fond très lumineux. (Celui-ci est rose dans la version définitive). Sa chevelure flotte. Des pétales de roses parcourent l’écran. 2/ Son visage se tourne vers la caméra. Anno parle de diffusion, mais je ne saisis pas vraiment ce qu’il veut dire par là. (Une idée ?) 3/ Ce plan avec un ciel bleu, des palmiers et des rayons du soleil qui traversent le feuillage n’apparaît pas dans la version définitive. 4 et 5/ Noriko marche avec détermination, sa poitrine bouge en rythme (Puipuipuipui !), puis elle se retourne vers les robots.

Cette séquence dure 5 secondes. Il s’agit d’un combat entre Kazumi et Jung Freud. Comme le reste, Anno ne s’est pas trop emmerdé. On a deux plans avec les robots qui se tapent dessus. Il indique que des étincelles doivent apparaître pendant les coups. Viennent ensuite deux plans avec les personnages. Toujours aussi minimaliste.

1/ Un robot poursuivant un autre robot dans l’espace. 2/ Changement de plan sur Noriko, l’air enjoué. Ses yeux clignent. 3/ Retour sur le robot au premier plan du premier plan, cette fois, vu de dos. Le robot de Jung le poursuit derrière. 4/ Suite et fin de la séquence poursuite avec les robots qui s’éloignent.

Une séquence un peu plus détaillé, avec tout d’abord un gros plan sur une partie du robot de Koizumi. La caméra dézoome jusqu’à voir la tête du robot, puis son corps en train de dégainer un bâton de plasma. Dans la version définitive, le robot bouge dans tout les sens. Mal expliqué comme le reste, mais passons.

Je découpe cette page en deux parties. Les deux premiers plans sont les derniers de la page précédente, avec le robot qui prend une pose héroïque dans l’espace. Dans le plan précédent, on comprend que la séquence entière se reflète dans l’oeil de Noriko. Une jolie transition pour parvenir à la séquence la plus otaku de tout le storyboard. A partir de là, et jusqu’à la dernière page, la caméra dézoome pour faire apparaître Noriko. Bien sûr, Noriko ne reste pas immobile, car elle va tourner sur elle-même. En somme, il aurait simplement pu l’écrire comme le reste pour en finir en une page, mais non, là il décide de tout dessiner ! Quel petit coquin…

En réalité, les détails qu’il ajoute sont très précis. Pendant qu’elle tourne, le passage qui met l’accent sur sa chevelure doit donner une impression de ralenti. Son regard se dirige le plus possible vers la caméra. Le dézoome devient ensuite plus rapide, puis ralenti à nouveau aux environs du buste. Ce n’est pas écrit, mais c’est aussi là que sa poitrine (et ses fesses) rebondit dans la vidéo définitive.

Pour finir, une fois le corps de Noriko au centre de l’écran. Les celluloïds des autres protagonistes de l’histoire apparaissent en glissant de la gauche vers la droite. La celluloïd de Noriko glisse également pour apparaître un peu plus à droite. Sur l’avant dernier plan, on peut voir comme un gros satellite derrière le groupe, mais il s’agit du fameux vaisseau dans la version définitive. Dans le fond, l’espace est censé tourner, mais encore une fois, ce ne sont plus que des roses qui se déplacent de droite à gauche dans la version définitive. La séquence se termine avec un fondu au noir. Clap de FIN !

Comme on peut le voir, pratiquement tout le storyboard s’en tient au strict minimum. Peu de détails en terme de dessin. Ce dernier est d’ailleurs assez moyen. Cependant, les notes permettent de comprendre comment la caméra et l’ensemble doit s’accorder. En définitive, même si le storyboard semble dessiné à l’arrache, le résultat final ne s’en tire pas trop mal. Mais à titre purement subjectif, je ne le range pas dans mes génériques préférés.

Voila, il manque quelques détails ici et là, notamment le vocabulaire lié au déplacement de la caméra et sur les plans, mais le gros du boulot est fait. J’apporterai des modifications (et corrigerais d’autres fautes d’orthographe) ultérieurement quand je pigerais un peu mieux tout ça.

Encore une fois, n’hésite pas à donner tes impressions ! 🙂

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