[Ghibli] Pompoko, la révolte des tanukis

« Il n’existe pas de film sur cet animal typiquement japonais. N’est-ce pas la preuve que l’animation japonaise est paresseuse ? » (Isao Takahata, 1989)

Aux origines du film

En janvier 1989, pendant la production de Kiki, la petite sorcière, Takahata et Miyazaki discutent sur d’éventuels nouveaux projets. Takahata souhaite réaliser un film sur les tanukis, cet animal japonais mystérieux chargé de légendes. Pendant l’échange d’idées, il mentionne le conte Awa tanuki gassen (La bataille des tanukis d’Awa), dont l’action se déroule dans la région de Shikoku. Avant cela, ce conte a connu plusieurs adaptations en prises de vues réelles, dont une par le studio Shinkô Kinema en 1939. Mais à l’opposé, Miyazaki propose d’adapter Happyakuya-danuki, l’une des trois grandes histoires de tanukis de l’ouvrage Matsuyama sôdô happyakuya-danuki. Cette histoire prend racine dans la légende d’Inugami Gyôbu-danuki sur fond de révolte au domaine Matsuyama. Elle a également été adaptée en manga par Shigeru Sugiura, un mangaka très apprécié de Miya et de Toshio Suzuki. À ce stade, ces idées ne promettent rien de concret. En fait, il faut attendre trois ans, en mars 1992, cette fois en pleine production de Porco Rosso, pour que Miyazaki remette cette histoire sur le tapis : « Après un cochon, ce sera un tanuki ! ». Suzuki lui rappelle que Takahata a souhaité réaliser un tel film. Un peu déçu, Miyazaki renchérit avec deux conditions : « J’aimerais que ce film rende hommage aux tanukis, et j’aimerais qu’ils rient fort, un rire comme on n’en fait plus aujourd’hui. »

Les premières difficultés

Takahata n’accepte pas aussi facilement. En effet, comme Suzuki et Miyazaki sont tout les deux fans du manga de Sugiura, ils n’ont su percevoir les intentions profondes de Takahata, ce qui ne lui convient guère. Ce qui intéresse ce dernier, c’est le conte Awa tanuki gassen et les œuvres qui s’en servent comme matière première, comme le roman Fukkoki écrit par Hisashi Inoue. Malgré cela, il ne sait pas comment encore comment l’adapter, la tâche lui paraît même impossible. Et pour tenter de résoudre cette difficulté, il contacte l’auteur de Fukkoki qui lui conseille de jeter un œil aux recherches qu’il a rassemblé pour son roman. Dans un premier temps, ils le rencontrent dans un café à Kawanishi, mais leur discussion n’aboutit à rien. Inoué leur conseille de se rendre à la maison d’édition Chihitsudô Bunko, mais même si ils découvrent de très nombreux documents, ils ne trouvent rien de suffisamment intéressant pour en produire un film. Suzuki et Takahata, découragés, décident d’avorter le projet Tanuki. À la place, Takahata souhaite adapter le Dit du Heike, la célèbre chronique poétique. Mais quand il en informe Miyazaki, il se met dans une colère noire, affirmant qu’ils encourront des difficultés pour dessiner des armures, pour les mettre en couleur et les faire bouger. Ce projet disparaît aussi rapidement qu’il a été imaginé, mais certaines idées vont rester. Par exemple, les tanukis incarnent les personnages du Dit du Heike, ils sont aussi bourrus qu’eux et combattent ensemble. En ce sens, Pompoko n’est pas qu’un film dramatique centré sur un groupe de personnages, elle adapte aussi une ère ancienne décrite dans les monogatari jusqu’à devenir une chronique qui dépeint le destin des tanukis comme celui de bien d’autres personnages. À suivre…

Voila pour les origines du film. Le texte n’est pas définitif, (sans parler des fautes d’ortho), je découvre sans cesse des nouvelles informations en poursuivant mes lectures (je n’ai pas encore touché au Roman Album), alors il faut s’attendre à des modifs ici et là avec l’ajout d’un résumé du film.

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