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Kinshichô #1

Vendredi 14 juin 2019. Le vendredi est mon Kinshichō day, comme quand j’allais à Ikebukuro chaque vendredi quand j’habitais à Hakusan.

En chemin, j’ai lu le premier chapitre de Tokyo Higoro, le nouveau manga de Taiyô Matsumoto ! ♪

Kinshichō n’est pas un quartier très connu, ou en tout cas, moins que d’autres. Il se trouve à l’est de Morishita à environ une demi-heure de marche, et au sud de la Skytree, pareil, une petite demi-heure de marche. Il y a de tout, mais je suis quand même surpris d’y trouver un Parco, un Toho Cinema et un Yodobashi, mais je ne saurais pas expliquer pourquoi ça me surprend. Ils sont moins grands que ce qu’on peut trouver à Shibuya ou Ikebukuro.

La sortie sud de la gare de Kinshichô
Tourné vers Morishita
Il y a aussi de ces trucs, sûrement la représentation d’un monde dans une merde perpétuelle…

Je n’y suis pas allé aujourd’hui, mais au nord-est de la gare, il y a aussi un parc et une autre grande zone commerciale. On verra une prochaine fois.

J’ai bossé dans un café du coin. Je vais arrêter de le dire à chaque fois quand je n’ai rien à dire. ^^” Mais j’en ai quand même profité pour lire le début de l’interview d’Imaishi dans le Animage que j’ai récupéré mercredi.

La discussion tourne autour de ses héros et héroïnes un peu bad boy et d’où lui vient cette idée. Dans les années 1970, il y avait beaucoup de films avec des anti-héros qui ne cherchaient pas à se la jouer héros de la justice. Pour Imaishi, les personnages qui se proclame héros de la justice pour ne faire que le bien sont des menteurs. Il préfère les personnages comme Joe Yabuki ou les héros du film Kenkei tai soshiki bôryoku (Cops vs. Thugs) de Kinji Fukasaku qui ne cherchent pas à devenir les meilleurs ni à chercher la richesse. (Ce n’est pas le seul film qui l’inspire, mais c’est le seul noté dans son explication). Ces héros se battent pour leurs ambitions par tous les moyens. C’est de là que lui viennent des héros comme Kamina, Panty & Stocking ou Gallo. A l’inverse, Amemiya, qui a une dizaine d’années de moins qu’Imaishi, n’a pas cette même culture cinématographique, c’est pourquoi il travaille essentiellement sur des figures héroïques aux intentions très différentes, comme Gridman. Cela paraît anodin comme anecdote, mais je les apprécie énormément parce qu’elle me pousse un peu à réfléchir et qu’elles me donnent envie de voir des nouveaux films ou des séries.

Voila voila. Après tout ça, je rentre au bercail.

Une nouvelle machine au pachinko, c’est un peu comme une grande sortie au cinéma.
Rare interpellation, mais ne restons pas dans les parages.
La nature reprend ses droits.

De Yoyogi à Aoyama, en passant par Shibuya, partie 1

Mercredi 12 juin 2019. J’ai envie de bosser dans les environs de Yoyogi et de Shibuya. En général, je travaille soit à la maison, soit dans un café pas loin de chez moi, du côté de Morishita et de Ryôgoku, mais de temps en temps, je prends le train pour changer de décors.

Une partie du sanctuaire Yoyogi Hachimangu

Je choisi d’aller à Yoyogi. Depuis la gare de Ryôgoku, cela ne coûte que 170 yens, et ce tarif passe à 220 à la station suivante, celle de Shinjuku. Depuis que j’ai emménagé vers Morishita, Yoyogi est devenu l’une de mes stations préférées, à mi-chemin entre Shibuya et Shinjuku, deux quartiers très jeunes et animés.

En général, quand je décide d’aller un peu plus loin que chez moi, c’est aussi pour me rendre dans quelques boutiques et découvrir des coins que je n’ai jamais vu. Prendre son temps même sur des choses anodines est un gros avantage quand on vit pleinement au Japon. J’aime beaucoup marcher, et d’après le compteur sur mon smartphone, je parcours environ 3000 km par an… Cette année, j’essaie de rester le plus souvent possible à la maison, mais on dirait que la marche est plus addictive que prévue.

Bref, me voila à Yoyogi. Je file direct à un gros book off au nord après un passage à niveau. Là je trouve plusieurs Animage, dont celui du mois d’avril avec Dororo sur la couverture. Je feuillette toujours avant, car depuis quelques années, je ne choisi plus mes bouquins japonais seulement pour les images. Mais le dossier sur Dororo regorge surtout d’interviews des comédiens de doublage. N’étant pas particulièrement friand de cette partie de l’animation, je suis sur le point de le reposer quand je découvre une interview de son compositeur scénaristique. Plus loin, je trouve aussi des croquis des personnages, mais vais-je vraiment l’acheter pour 3-4 pages ? C’est ce que je découvre après qui me décide pour de bon : Une interview d’Hiroyuki Imaishi où il parle de son nouveau film : Promare, interview de Tetsurô Araki sur Kabaneri, et une autre de Takeshi Koike son sa dernière réalisation autour des personnages iconiques de Lupin !

Sayonara gokko ♪
Raw raw, fight the power !
Tous les adultes mentent.

Je retourne vers Yoyogi tout en checkant les temples et les sanctuaires du coin sur Google map. Voila l’un de mes multiples passes-temps, visiter tous les temples de la ville, et autant dire qu’il y en a beaucoup. Ils ne sont pas tous aussi impressionnants qu’à Asakusa, mais ça me permet aussi de découvrir d’autres recoins de la capitale rarement évoqués sur internet. Dans mes autres délires, je me rends dans la plupart des vieilles librairies qui, malheureusement, disparaissent toutes à petit feu. J’aime bien parcourir les fameuses routes religieuses même si je ne suis pas du tout croyant, ou visiter des grands building en tout genre quand c’est possible.

Bref, Je choisi donc d’aller voir les sanctuaires d’Hirata, de Tsushima et de Yoyogi Hachimangu, tout les trois situés à gauche du parc de Yoyogi.

En filant vers le premier, je découvre Bandit, une boutique de jouets pour geek moyennement confirmés. Je la trouve sincèrement passable, et je sais qu’il y a du meilleur matos au Mandarake de Nakano. L’enseigne est tout de même cool.

Après moult petites ruelles et à attendre que les barrières devant les passages à niveau remontent, me voila au sanctuaire d’Hirata.

Pour la petite leçon d’histoire, le sanctuaire d’Hirata se rapporte à un homme de lettre appelé Hirata Atsutané. Je n’ai malheureusement rien d’autre que wikipédia pour en parler mais je m’en contente. Né en 1776, il est l’une des figures les plus importantes du kokugaku (l’étude de la langue japonaise) et un grand théologue de la religion shintô. Il a écrit des oeuvres importantes : Koshi seibun (Traité sur l’histoire ancienne), Zoku shintô taii (La véritable signification du shintô populaire). Mais c’est Tenchô mukyûreki (Chronique du rôle perpétuel de l’empereur) qui, en s’attaquant au shogunat Tokugawa, le mène à l’isolement. C’est d’ailleurs de lui que vient la pensée selon laquelle les japonais descendent forcément des dieux et qu’il ne peut en être autrement. Il meurt en 1843.

Malgré sa petite taille, le sanctuaire, entouré par des habitations ordinaires, existe pour préserver l’oeuvre de cette illustre personnage. Mais à moins d’être fan de littérature et d’histoire, il est évident qu’il n’attire plus grand monde. Les plus âgés diront qu’il n’a plus assez de force.

Je m’arrête là pour aujourd’hui. 🙂

Storyboard de l’opening de Gunbuster !

Premier réflexe quand je tombe sur un storyboard  : chercher les différences avec la version définitive. L’exercice est un peu long, mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire depuis que j’ai lu l’analyse détaillée du storyboard d’Hols par Stéphane Leroux. Evidemment, tu cliques sur le lien pour acheter ce bouquin ! 🙂

Tout d’abord, voila l’opening dans sa version définitive. La qualité est un peu dégueulasse, mais on va faire avec.

La musique est cool. Fight ! ♪

Maintenant voici les pages du storyboard. Je commente sous chacune d’entre elles, mais n’hésites pas à commenter et à donner tes impressions, je suis toujours en quête de détails et d’anecdotes, alors ça me fera super plaisir !

Alors, dans l’ensemble on est quand même bien loin du niveau de détails que l’on peut retrouver dans un storyboard de Satoshi Kon ou de Miyazaki. En fait, on est plus proche d’un storyboard dessiné à l’arrache pour une série TV. Gunbuster se situe entre les deux, c’est à dire une série d’OVA, c’est à dire exclusivement destinée au marché de la vidéo. Mais plutôt que de s’embêter avec les dessins, Anno se débrouille surtout avec les notes.

Au début, malgré l’absence de la représentation de l’univers comme dans la version définitive, Anno donne au moins les précisions, puis fait apparaître le titre. D’ailleurs, celui-ci devait être coloré, mais il reste blanc dans la vidéo.

Le soleil se lève, Noriko grimpe la pente en courant. Ses yeux bougent, non pas n’importe comment, mais plutôt en vérifiant chaque bouton/écran/jauge situés dans le cockpit. Lors du plan avec la manipulation du levier, les flèches indiquent comment les doigts doivent bouger, et les notes indiquent que le mouvement est rapide. Ensuite vient un plan avec des robots en train de courir. Jusque là, rien de bien différent, chaque plan est simplement expliqué. En amont, le ou les animateurs ont la tâche d’apporter les mouvements adéquats. (Je serais curieux de voir les layouts du coup).

Dans le premier plan, le visage de Noriko doit montrer de la détermination. Dans le second plan, le robot court en faisant du shadow boxing. Dans le fond, la mer brille. Puis vient une séquence avec la même action, mais dans un plan d’ensemble. On peut voir le coach sur sa moto devant, le soleil se refléter dans l’océan. Je ne sais pas ce que veut dire DX Cut (Deluxe ? Autre ?). Le dernier plan montre le visage du coach qui doit tourner d’environ 45°. Le coach lui dit qu’elle n’a aucun talent.

1/ La silhouette de Kazumi apparait devant un fond très lumineux. (Celui-ci est rose dans la version définitive). Sa chevelure flotte. Des pétales de roses parcourent l’écran. 2/ Son visage se tourne vers la caméra. Anno parle de diffusion, mais je ne saisis pas vraiment ce qu’il veut dire par là. (Une idée ?) 3/ Ce plan avec un ciel bleu, des palmiers et des rayons du soleil qui traversent le feuillage n’apparaît pas dans la version définitive. 4 et 5/ Noriko marche avec détermination, sa poitrine bouge en rythme (Puipuipuipui !), puis elle se retourne vers les robots.

Cette séquence dure 5 secondes. Il s’agit d’un combat entre Kazumi et Jung Freud. Comme le reste, Anno ne s’est pas trop emmerdé. On a deux plans avec les robots qui se tapent dessus. Il indique que des étincelles doivent apparaître pendant les coups. Viennent ensuite deux plans avec les personnages. Toujours aussi minimaliste.

1/ Un robot poursuivant un autre robot dans l’espace. 2/ Changement de plan sur Noriko, l’air enjoué. Ses yeux clignent. 3/ Retour sur le robot au premier plan du premier plan, cette fois, vu de dos. Le robot de Jung le poursuit derrière. 4/ Suite et fin de la séquence poursuite avec les robots qui s’éloignent.

Une séquence un peu plus détaillé, avec tout d’abord un gros plan sur une partie du robot de Koizumi. La caméra dézoome jusqu’à voir la tête du robot, puis son corps en train de dégainer un bâton de plasma. Dans la version définitive, le robot bouge dans tout les sens. Mal expliqué comme le reste, mais passons.

Je découpe cette page en deux parties. Les deux premiers plans sont les derniers de la page précédente, avec le robot qui prend une pose héroïque dans l’espace. Dans le plan précédent, on comprend que la séquence entière se reflète dans l’oeil de Noriko. Une jolie transition pour parvenir à la séquence la plus otaku de tout le storyboard. A partir de là, et jusqu’à la dernière page, la caméra dézoome pour faire apparaître Noriko. Bien sûr, Noriko ne reste pas immobile, car elle va tourner sur elle-même. En somme, il aurait simplement pu l’écrire comme le reste pour en finir en une page, mais non, là il décide de tout dessiner ! Quel petit coquin…

En réalité, les détails qu’il ajoute sont très précis. Pendant qu’elle tourne, le passage qui met l’accent sur sa chevelure doit donner une impression de ralenti. Son regard se dirige le plus possible vers la caméra. Le dézoome devient ensuite plus rapide, puis ralenti à nouveau aux environs du buste. Ce n’est pas écrit, mais c’est aussi là que sa poitrine (et ses fesses) rebondit dans la vidéo définitive.

Pour finir, une fois le corps de Noriko au centre de l’écran. Les celluloïds des autres protagonistes de l’histoire apparaissent en glissant de la gauche vers la droite. La celluloïd de Noriko glisse également pour apparaître un peu plus à droite. Sur l’avant dernier plan, on peut voir comme un gros satellite derrière le groupe, mais il s’agit du fameux vaisseau dans la version définitive. Dans le fond, l’espace est censé tourner, mais encore une fois, ce ne sont plus que des roses qui se déplacent de droite à gauche dans la version définitive. La séquence se termine avec un fondu au noir. Clap de FIN !

Comme on peut le voir, pratiquement tout le storyboard s’en tient au strict minimum. Peu de détails en terme de dessin. Ce dernier est d’ailleurs assez moyen. Cependant, les notes permettent de comprendre comment la caméra et l’ensemble doit s’accorder. En définitive, même si le storyboard semble dessiné à l’arrache, le résultat final ne s’en tire pas trop mal. Mais à titre purement subjectif, je ne le range pas dans mes génériques préférés.

Voila, il manque quelques détails ici et là, notamment le vocabulaire lié au déplacement de la caméra et sur les plans, mais le gros du boulot est fait. J’apporterai des modifications (et corrigerais d’autres fautes d’orthographe) ultérieurement quand je pigerais un peu mieux tout ça.

Encore une fois, n’hésite pas à donner tes impressions ! 🙂